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Madeleine Louarn

À l’âge de 22 ans, Madeleine Louarn devient éducatrice spécialisée dans un CAT et signe peu après, son entrée dans le monde du théâtre par la pratique de la mise en scène avec des acteurs handicapés mentaux. Elle apprend le théâtre en le faisant, convaincue par son pouvoir d’émancipation, persuadée que la question de l’Art, la question du Beau peuvent devenir celle de tous, quels que soient les individus, leur histoire, leur extraction, leurs déficiences.

Ses orientations et ses choix seront déterminés de façon décisive par cette expérience. En 1984, elle crée Catalyse, une compagnie de théâtre amateur qui devient bientôt permanente et professionnelle, au sein du centre d’aide par le travail de Morlaix. Le goût pour la transmission et les espaces de recherche de cette autodidacte la mène dans le même temps à enseigner au conservatoire de Brest (5 ans), à l’Université de Rennes (4 ans) et dans les collèges de Morlaix. Des années d’ateliers qui explorent un large spectre théâtral : Thomas Bernhard, Shakespeare, Ibsen, Beckett, Tchekov ­ les auteurs qui l’ont amenée au théâtre… mais aussi Sénèque, Hölderlin, Marivaux, Lukas, Novarina, Garnier, Kleist, les absurdistes russes, l’avant­garde française, le dadaïsme en particulier…

Des motifs traversent le travail de Madeleine. Le monde en fragments, le verbe poétique, la  difficile appréhension du réel ­ comment d’un chaos faire sens, comment tenir debout sans vérité constituée. Et une prédilection pour les mondes inversés car ce qui compte pour elle, ce n’est pas comment les choses sont, c’est la manière dont on les envisage, l’interprétation que l’on en fait. Presque trente ans après sa création, Catalyse a monté des pièces de William Shakespeare, Samuel Beckett, Lewis Caroll, Daniil Harms, Ribemont­Dessaignes, Armand Robin, Luzel, Aristophane… et développé ses propres créations en cherchant en permanence à faire advenir la poétique de la scène par de nouveaux modes de jeu et de représentations. Elle explore des matériaux singuliers et inattendus, qu’ils soient textuels, scéniques ou pluridisciplinaires, pour l’écart qu’il entraînent dans les perceptions et les pensées du théâtre, donne à voir les échafaudages, le souffleur, la machinerie, sur l’espace de la scène… Avec ce souci constant du choix des signes car c’est à partir d’eux que se produira ce mécanisme de fiction et de métamorphose et que la représentation pourra transporter le spectateur, déplacer son regard, le transformer.

Pour Madeleine, les créations sont des aventures collectives mais les réceptions se vivent toujours de façon individuelle. La représentation dramatique est un lieu d’éveil qui ouvre une brèche, porte en lui à la fois un effet de révélation et un mécanisme d’élévation, quelque chose de l’ordre de l’aspiration qui fait que l’on prend conscience que le monde peut être envisagé autrement — pas seulement à travers nos propres limites.

Jean­-François Ducrocq
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